ARPETIX – MAI 2025
« Pour agir au mieux, un bonhomme et un meunier, s’étant allés dans un gave au sud, étaient passé par un col, à ce que l’on dit, accompagnés d’une donzelle à qui ils avaient dit : « Guidez donc nos pas, la belle, et n’oubliez point le festoiement ». Pour elle, ils ne comptaient point leurs efforts. Mais la garce les égara et les mena dans le dunois pour ripailler et s’envoyer en l’air. »
L’analyste du Centre Opérationnel de Localisation Analyse et Surveillance (COLAS) est perplexe. Le message intercepté par le Groupe d’Action Vérification Authentification des Usagers Déviants (GAVAUD) lui semble abscons. Il a conscience qu’il recèle un codage qu’il convient très vite de percer. Dans l’attente, il actionne le Groupe Unique d’Intervention et de Défense Extra Zonale (GUIDEZ) afin d’identifier des mouvements suspects. Puis il se rend au 6ème étage chez son collègue du Bureau Omniscience National d’Harponnage d’Obscurs Méfaits et Malversations Extrêmement Techniques (BONHOMMET) pour essayer d’y voir plus clair.
Ce mercredi 28 mai, en alerte, le Guidez, par corrélation successive de faits relevés par ses équipes de terrain, acquiert l’intime conviction que des individus (7 bipèdes mâles grisonnants et 2 donzelles, tous de la catégorie Seniors) membres du « Groupuscule P73 » sont arrivés dans la cité dunoise de Cloyes sur le Loir. Ils convergent vers le restaurant « Le Saint Jacques ». L’alerte maximale a alors été déclenchée puisque, rappelons-le, les activités dudit groupe (depuis 2023) posent questionnement.
Le Module d’Ecoute d’Urgence Non Intrusive par Exploration Révolutionnaire (MEUNIER) s’est aussitôt mis en place et a pu enregistrer les conversations qui allaient bon train dans ce bel établissement mais malheureusement, une fois de plus, étaient codées. Tout juste, si l’on a pu reconnaître dans les signaux relevés, la commande des apéritifs et du menu. Sous une apparente décontraction, joie de se revoir et rires abondants, les services savent pertinemment que ces individus fomentent des plans plus élaborés.
Vers 13h45, le meneur, un barde à barbe blanche et tempe grisonnante, a sonné l’heure du départ. Après avoir acquitté monnaies électroniques en échange des agapes, le dit groupe a regagné ses véhicules et en ordre dispersé (nous connaissons parfaitement maintenant cette technique du « bordel couvré » pour brouiller les pistes) a repris la route.
Heureusement, le Groupe d’Intervention Rapide Aérien par Ultra Léger Tactique (GIRAULT) a pu suivre les divers déplacements et a constaté le regroupement de la bande sur le site de l’ancienne base aérienne 279 de la cité dunoise de Châteaudun. Les écoutes, menées au sein du poste de garde à l’entrée de ce qui est maintenant un centre d’activité de l’agglomération supra citée, permettent de savoir que ce groupuscule se rend dans un immense hangar dit « Canopée » qui abrite les différents types d’avion ayant équipés l’Armée de l’Air Française des années 1970 à nos jours. A ce moment-là, pour le COLAS, il ne fait aucun doute que ces individus constituent un échelon précurseur de mécaniciens venus là pour faire un état des lieux à des fins délictueuses.
Le groupe s’est acquitté du droit d’entrée et à recoller aux quelques personnes visiteuses. Un accompagnateur (diligenté par les services) a pu surveiller ce « beau monde » tout en présentant le matériel en exposition. Cependant, un bipède du groupe s’est chargé d’accaparer l’attention du guide permettant ainsi aux autres de dresser l’inventaire prévu et photographier à tout va les détails nécessaires de l‘imposante exposition. Tels des enfants émerveillés, éternels adolescents ou passionnés avides de réactivation d’une mémoire défaillante, ils ont arpenté le hangar à la découverte des F84, T33, Vautour, toute la famille des Mystères et des Mirages, Broussard, Nord 262, Alouette II et III et bien d’autres encore. A grand renfort de « Ah !, Oh ! , J’ai travaillé dessus ! j’ai volé avec ! … ». Mais recollant à leur mission, ils se sont inquiétés des armements, des fusées, des équipements de contre-mesures, des moyens de soutien présentés.
Puis un des bipèdes s’est illustré en s’agenouillant devant le Jaguar monoplace. Il s’est mis alors à haranguer les autres membres en s’égosillant sur la grandeur de ce bel avion. L’enquête menée laisse à penser que l’apôtre serait le responsable du Plan Opérationnel d’ Usage Rétrospectif d’Engins Légendaires (POUREL).
En fin de visite, dans leur quête, Ils ont vainement tenté d’approcher de plus près le Transall et le Transall Gabriel présents sur le parking.
En tout état de cause, il n’y a point d’ambiguïté sur la causalité de leur passage sur ce lieu de légende.
Pour finir et donner l’impression d’une simple visite culturelle et mémorielle, des photos de groupe ont été réclamées par un meneur et forces remerciements ont été faits auprès de l’accompagnateur.
Le groupe s’est retrouvé à l’entrée du site pour, semble-t-il, un au-revoir. Cependant, il n’est pas exclu qu’un débriefing rapide de la mission menée n’ait été fait et la suite à donner définie. Il convient donc de continuer à le surveiller sans relâche.
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