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HOMMAGE à Gérard PHILIPPE (P23)

Arpète formidable

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21/01/2026

La « grande faucheuse » continue sa moisson dans la P23. Après Michel PETIT, Francis RIEUX, Robert LAMARRE, Robert FERNANDEZ, Gérard PHILIPPE nous a quitté le 28/05/2025.

Il nous laisse un récit de son parcours d’arpète que j’ai dû réduire à ces trois pages.

Né le 23/11/1939, il est entré à Saintes en septembre 1956 dans la P23. Aujourd’hui, il rejoint son « grand copain » Michel PETIT au paradis des Arpètes.

Il entre en septembre 1956 à la BA 722 de Saintes-Paban dans la classe 1. Avec Michel PETIT vous étiez les deux arpètes les mieux classés derrière Albert INSOMBY, Major de notre ‘PROMO’. Gérard a été avec Albert INSOMBY l’un des arpètes à réussir, pour la première fois, l’examen du BAC technique. 

Gérard était un Vosgien originaire du THILLOT. Son épouse, Pierrette, lui a donné deux enfants (deux filles).

Avec Charles POISSON, grand maître rassembleur de la confrérie des frères d’arme P23, il avait émis l’idée de demander à chaque P23 d’écrire un résumé de son parcours d’arpète. L’idée n’a pas aboutie, Gérard a appliqué l’idée à son parcours, et son épouse Pierrette m’a communiqué un document de 13 pages où il décrit les étapes de son parcours, les différents emplois occupés, et les entreprises où il a travaillé, en France et à l’étranger jusqu’à sa retraite en novembre 1999.

Après Saintes, Rochefort, il rejoint la BE723 à Auxerre pour suivre les cours de base de l’électronique. En avril 1959, retour à Rochefort pour terminer la spécialisation 4234, calculateur de bord. Bien sûr, il ne manque pas de rappeler dans son itinéraire les anecdotes que toutes les promotions de notre époque ont connues.

A Auxerre : (Au retour des vacances, largage dans la nature et marche de 30km pour rentrer à la base.)

A Rochefort : (Astiquage des carrelages de nos chambres au cirage noir, « Mille pattes », inspection par le Lieutenant GIOVANNI, officier de discipline, de notre tenue et coupe de cheveux), (Fréquentation assidue du casino des fleurs dont la piste comportait un couloir non éclairé avec embouteillage sérieux lors des slows).

En février 1960, toujours avec Michel PETIT, il rejoint la base d’AVORD où il retrouve un autre P23, Claude COLAS. En mars 1961, il abandonne ses copains P23, il est muté à la BA118 de MONT de MARSAN qui accueillait les « MIRAGE 3 ». Le 14 juillet 1961, Gérard fait partie de l’équipe qui prépare trois avions pour le défilé. Janvier 1962, départ pour le Maroc, le ‘MMCT’, Mission Militaire de Coopération Technique au Maroc, recherche des sous-officiers de la spécialité 4234. Arrivée à RABAT à mi- janvier et départ pour la base de Marrakech où les conditions de logement le poussent à louer un appartement proche du marché GUELIZ. Dans le bâtiment Link-trainer il retrouvait l’AT42. La maintenance et le suivi technique de deux « Link » n’étaient pas une surcharge de travail. L’arrivée d’un sergent marocain (4234) au Link entrainant un sureffectif aurait pu précipiter son départ. Le commandant décide de le garder sur Marrakech. En juillet 1962, voyage rapide en France, il assiste au mariage de son grand « copain » Michel PETIT. De retour à Marrakech, il rencontre une petite blonde en faisant ses courses au marché GUELIZ, laquelle l’invite à un méchoui familial…Il se marie avec Pierrette à la chapelle de la base en juin 1963 accompagnés par une bande de pilotes instructeurs. La même année, il passe le CM2 mais ne se présente pas à la partie militaire.

     


 - LE DEBUT D’UN TRES GRAND PERIPLE :

En octobre 63, l’épisode Armée de l’Air est bouclé, mais Gérard va continuer à œuvrer pour différentes armées de l’air. Grace aux relations de sa belle-famille, il est embauché par la société SADELEC. Cette société était un sous-traitant de la CSF. Elle importait et revendait tout un éventail de matériels servant à la CSF pour la maitrise et la connaissance de technologies diverses, avec des applications souvent liées à l’aéronautique. A partir d’octobre 1963, Gérard devient un grand voyageur. Il doit beaucoup se déplacer en France et dans de nombreux pays étrangers pour y exercer ses talents d’électronicien. Une dizaine de pages de la revue ARPETE TOUJOURS seraient nécessaires pour y placer la suite des 13 pages manuscrites qu’il intitule :

 « ITINERAIRE D’UN TOURISTE PRIVILEGIE ».

Je me limiterai à la liste chronologique et à une description succincte des actions liées à son emploi, sur quels matériels, et les pays où il les a menées.

- Octobre 1963 à Août 1967 : 

Installation de caméras de télévision en circuit fermé chez GIBERT JEUNE à PARIS et sur les tankers aux chantiers de LA CIOTAT. Sondeurs, radars embarqués et émetteurs récepteurs VHF pour la marine de plaisance. Avec la société WILCOX : VHF com, VOR, ATC transpondeur, voyage à TEMPERE en Finlande pour la rénovation des FOUGA-MAJISTER de l’Armée de l’Air finlandaise avec ces matériels.

- Août 1967 à Mars 1972 :

C’est le début de l’aviation d’affaires. Chez TRANSAIR, complément d’installation sur les avions Beach-Craft, Lear Jets et HAWKER SIDDELEY et stage pour les problèmes de pilote automatique sur les Lear Jets, à Wichita Kansas aux USA. A son retour en France, on lui propose la place de chef du département électronique, le titulaire a démissionné. Direction Le Bourget pour assurer cette responsabilité puis une réorganisation que Gérard n’a pas supportée.

- Mars 1972 à Octobre 1972 :

Il aide un camarade qui vient de monter une société pour l’installation d’instruments de bord, Gérard le complète pour la radio, puis l’installation d’un radar et d’un DME (système de mesure des distances) sur l’avion de Michel PICCOLI et du célèbre cascadeur Gérard STREFF.

- Novembre 1972 à Mai 1976 :

La société OMERA, située à Argenteuil, recherche un responsable radio pour représenter le matériel KING Radio dans le cadre d’un programme de rénovation des radio compas pour l’Armée de l’Air (« Bizarre ! Bizarre ! comme les trajectoires se croisent »). Gérard entre donc dans la société OMERA. Dans cette société, il s’occupe principalement des matériels KING Radio, sans toucher aux matériels de grande génération comme les TRAP 21, caméras embarquées sur Mirage et autres… Son activité principale a été de développer les ventes de tous les équipements KING auprès des avionneurs et d’organiser un réseau de distributeurs.

 

 

 Gérard (4è à D), un ATR et le « staff » de KING Radio. 

Cet emploi va l’entraîner dans de nombreux voyages et dans divers pays à travers le monde :

- La ROUMANIE : Grâce à des contacts avec EUROCOPTER et l’OGA (Office Général de l’Air), déplacement à Bucarest pour la signature d’un contrat de radio compas sur les hélicoptères Gazelle fabriqués sous licence. A Bucarest, Gérard rapporte une anecdote : « A la terrasse d’un café, il fallait commander deux cafés et deux COCA en même temps pour obtenir les cocas !! ».

- L’EGYPTE : Peu de temps après l’épisode roumain, un marché était à conclure avec l’Armée de l’Air égyptienne pour l’installation de VOR et DME sur des avions ANTONOV qui assuraient la rotation avec la France pour l’approvisionnement en pièces détachées DASSAULT. Lors de la Première visite au CAIRE, le correspondant local indique à Gérard et son groupe qu’il n’a pu trouver des chambres disponibles qu’au Club Méditerranée, le groupe passe donc cinq jours à profiter des facilités du Club… Un grand moment de suspense intense lors de la présentation des équipements KING aux officiers égyptiens…

Les indicateurs VOR étaient calés dans de la mousse et l’alvéole qui les contenait avait la forme d’une étoile à 6 branches (très délicat à expliquer juste à la fin de la guerre des six jours).

Enfin le contrat est signé et les câbles préparés. Nouveau voyage au CAIRE pour l’installation et un séjour de trois semaines au Club, hébergement que la cheffe d’OMERA a bien voulu signer après de nombreuses explications. Gérard passe sur les péripéties de l’implantation sur ANTONOV et les vols d’essais. Pour ces vols il fallait : pilote, copilote, opérateur radio, mécanicien moteur droit, mécanicien moteur gauche, trois autres personnels pour la mise en place des échelles et la fermeture des portes… Gérard a pu ainsi avoir une vue inoubliable lors du survol de la vallée du Nil…

- Début mai 1976, le PDG d’OMERA, sous la pression de la direction de TRT, décide de ne pas renouveler son contrat avec KING Radio. Gérard se retrouve sans activités au sein d’OMERA sauf à accepter une proposition d’activités sur les freins de la SNCF !!!

- De mai 1976 jusqu’à la retraite en novembre 1999 :

KING Radio venait d’établir une société filiale de représentation à Genève pour couvrir les marchés européens et africains et on propose à Gérard de poursuivre l’aventure comme directeur des ventes Europe et Afrique de l’Ouest au sein de cette filiale.

Gérard accepte cette offre, il organise son bureau dans le garage de sa maison de campagne. Les voyages sont de plus en plus fréquents pour couvrir :

- L’ALLEMAGNE : les salons de l’aviation générale à HANOVRE puis à Berlin après la chute du mur.

- LA BELGIQUE : Pour l’Armée de l’Air et l’Armée de terre, mais les BELGES avaient plus de prétentions que de crédits. Gérard garde d’excellents souvenirs de ses séjours à Bruxelles.

- L’ESPAGNE : Il y avait un excellent distributeur à Madrid. Il a été toutefois très difficile de coordonner les horaires de travail avec les horaires de repas.

- Le PORTUGAL : C’était les débuts de l’aviation générale, avec son entreprise, Gérard y fait de magnifiques réalisations. Le représentant à Lisbonne entrainait souvent Gérard dans un cabaret et Gérard n’a jamais compris ce qui faisait pleurer ce représentant le soir : le fado ou le VINHO VERDE.

- L’ANGLETERRE : Les salons de l’aviation à Farnborough, tout un poème magistralement arrosé…

- La HOLLANDE : Quelques visites du plat pays à Amsterdam ou Gérard avait un collègue toujours impatient de le contacter pour obtenir des places au salon du Bourget.

- La SUISSE : Gérard y faisait fréquemment des séjours puisqu’il était payé par l’intermédiaire de la société de représentation de KING Radio à Genève.

- La REPUBLIQUE TCHEQUE : La société qui l’emploie avait également un représentant à Prague. Ceci a permis à Gérard de connaitre cette magnifique ville.

- Les ETATS-UNIS : Voyage effectué au minimum tous les deux ans pour participer aux réunions de la société à Olathe, Kansas, et prendre part aux différents salons de l’aviation générale : Orlando, Dallas, Las Vegas, Los Angeles, puis Fort Lauderdale après le rachat de KING Radio par ALLIED Signal.

- Le CANADA : Certification française d’un pilote automatique sur les hélicoptères BELL à Montréal.

- Le MAROC : Retour aux origines et bien sûr les contacts avec l’Armée de l’Air sur Rabat, Kenitra et Marrakech, ainsi qu’avec la Gendarmerie Royale. Cette situation était un avantage pour éviter les PV d’excès de vitesse. Il suffisait de sortir la copie du badge de la gendarmerie pour avoir droit à un salut et repartir.

- L’ALGERIE : Deux ou trois missions à Alger mais pas de succès formidable.

- La TUNISIE : Toujours avec l’Armée de l’Air qui avait un service achat des mieux organisé, Gérard précise « 100 fois mieux que notre service achat ».

Puis, tous les 2 ans, la grande tournée africaine :

- Le NIGER : Le représentant de sa société lui fait connaître les joies du safari au parc national du W, Gérard peut observer pour la première fois éléphants et lions en liberté, il regrette de n’avoir pu utiliser qu’un appareil photographique « minable », qui lui donnait des photos où les éléphants ressemblaient à des « crottes de mouches » sur les clichés papier.

- La COTE D’IVOIRE : Le marché était relativement important, un problème majeur était l’insécurité à Abidjan. Sa dernière visite dans cette ville a été pour l’Armée de l’Air ivoirienne. Gérard avait rendez-vous avec le colonel de la base qui l’a laissé aux soins du lieutenant responsable radio. Dans l’atelier où le lieutenant l’emmène, Gérard observe un de ses anciens postes, trônant au milieu d’une table, les « tripes » à l’air et les cartes électroniques retenues par les fils…

Le lieutenant qui mesurait au moins 2 mètres avec des mains 2,5 fois plus larges que celles de Gérard lui dit : 

« Vous voyez çà, Monsieur !! »,

« Eh bien ce n’est pas possible ! », qu’est-ce qui n’est pas possible ? « Ce n’est pas possible…c’est trop petit pour travailler dedans !! » Gérard, qui était venu lui présenter des nouveaux équipements encore plus petits, n’avait plus qu’à remiser sa démonstration. Après avoir discuté un moment, le lieutenant et Gérard sont remontés dans le bureau du colonel où tout un aréopage d’officiers les attendait. Le colonel, s’adressant au lieutenant : « Alors, tu ne l’as pas bouffé le gars de chez King comme tu avais dit ? » Et le lieutenant : « Non mon colonel, il m’a convaincu !! »

Fin de la visite.

- Le TOGO : Un stop très agréable dans ce pays considéré comme la Suisse africaine mais n’offrant pas d’ouverture pour l’aviation générale.

 - Le CAMEROUN : Cette visite a été acceptable, à part la chaleur et l’humidité, jusqu’au moment où une tentative d’attentat menée à bord d’un petit avion a requis la présence d’un policier sur chaque vol au départ de DOUALA. L’aviation générale a donc été plus ou moins bannie du secteur, exception faite des hélicoptères d’Héli-Union pour le pétrole en mer.

- Le GABON : Le meilleur marché de l’aviation générale en Afrique de l’Ouest avec des représentants qui concrétisaient plus de 80% du marché. Par contre, les dessous de table étaient de rigueur, ce qui renchérissait le coût de la vie. De Libreville à Port Gentil, pour visiter les compagnies d’hélicoptères qui opéraient sur les champs de pétrole, le meilleur moyen était l’avion stop.

Une année, le Gabon a décidé d’avoir sa propre école de pilotage et de monter cette école en « pull » avec d’autres pays africains. Les formations et la fourniture des matériels ont été confiées aux bons soins d’une société suisse avec qui travaillait déjà la société dans laquelle Gérard était. Gérard se rend donc à cette école située dans le centre du Gabon. Les moyens techniques mis en place étaient prodigieux, Rochefort faisait pâle figure à côté. Au bout d’un an de fonctionnement, le financement du projet a été suspendu, les avions neufs stockés dans un hangar, capots ouverts, les mouches maçonnes s’en sont données à cœur joie, ce fut la fin de ce projet d’école…

« L’année dernière nous étions au bord du précipice, mais cette année, nous allons faire un grand pas en avant !», (discours du président BONGO pour la nouvelle année…)

- Le CONGO : Brazzaville (rien que des bidonvilles) !!

- Le ZAIRE : Il y avait quelques avions utilisés par des compagnies américaines qui travaillaient sur le cuivre, leurs entretiens étaient faits en Afrique du Sud.

- Le SENEGAL : Le retour se faisait par Dakar, l’endroit des vacances après le périple. Il y avait un distributeur des avions Piper, pour un week-end, on propose à GERARD de faire une virée au Club Med à Cap SKEARING où Gérard et son équipe se rendent en avion bimoteur. A l’arrivée, ils ont eu droit à l’accueil présidentiel avec musique, tamtam et danses : ils attendaient le Président et ont été bien surpris de voir des petits blancs débarquer…

- L’ETHIOPIE : Addis ABEBA, pour y discuter d’un projet ATR 42 avec nos équipements. Voilà un pays très écologique car pour limiter la pollution des véhicules, la ration d’essence était de 15 litres par mois et par voiture. Pour se déplacer il fallait recourir au marché noir. L’hôtel, vendait des foulards en soie magnifiques…

- La TURQUIE : ISTAMBOUL et ANKARA pour les avions de la société livrés en standard King. (Gérard a pu se faire accompagner par Pierrette son épouse).

- ISRAEL à Tel AVIV : il y avait un représentant de sa société qui lui a fait faire le tour du secteur. Il a pu acheter deux petites statuettes typiques de la religion du pays.

En 1988, Monsieur Ed. KING vend sa société au groupe ALLIED/ BENDIX Aerospace et Gérard fait alors partie de la société ALLIED SIGNAL, un gros groupe financier, dont le PDG est changé 6 fois en 5 ans. Cette dernière société met fin au contrat de Gérard, proche de la retraite, avec une compensation de rigueur, ce qui satisfait pleinement Gérard…

 

       

  Le départ en retraite, cadeau de la société KING radio.

 

Gérard se livre alors à une analyse du récit qu’il nous a laissé de sa carrière. Il pensait intituler le récapitulatif de sa carrière : « Une vie d’arpète bien remplie ». Il a préféré : « Itinéraire d’un touriste privilégié », compte tenu du nombre de régions qu’il a pu visiter, et il ajoute : « Trouvez pourquoi privilégié ».

En définitive, il remercie beaucoup notre école des Arpètes de lui avoir donné une formation technique très poussée apte à faire face à de nombreuses situations, de lui avoir permis de choisir une carrière très intéressante, de lui avoir inculqué le respect des autres et le sens de la camaraderie. Bien qu’il affirme être devenu un peu sauvage et isolé dans son emploi chez KING Radio depuis sa maison, il affirme qu’il a toujours valorisé les contacts humains et ses « clients » étaient plus souvent des amis que des relations de travail. 

Gérard écrit : « Il faut continuer à préserver et inculquer toutes ces valeurs à la formation des Arpètes ».

Ce parcours d’Arpète hors du commun, lui fait dire dans son analyse : « s’il fallait recommencer, je signerais « oui » tout de suite sans rien changer ». 

Il nous dit également que la chance passe pour tous mais qu’il faut la saisir et ne pas hésiter quand cela est possible car elle ne fait pas demi-tour.

 

Pierre NICOLAS (correspondant P23).

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